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La biodiversité du fleuve Congo

La protection des différentes espèces du fleuve Congo est au cœur des préoccupations des chercheurs du musée royal des sciences naturelles de Bruxelles. Ainsi, en 2010, des scientifiques belges en partenariat avec leurs homologues congolais ont mis en place la plateforme de la biodiversité du bassin du Congo. L’objectif : améliorer leurs connaissances de ce gigantesque bassin fluvial, le second au monde.

C’est en 2010 qu’une équipe scientifique multidisciplinaire a pris le départ de Kisangani pour étudier le fleuve Congo et les régions qui le bordent. Cette grande expédition a été baptisée Boyekoli Ebale Congo, ce qui signifie « étude du fleuve Congo » en lingala. Cette expédition est une grande première dans ce pays. En effet depuis l’indépendance il n y a plus jamais eu d’exploration au Congo. Cela est dû à l’isolement du pays.

La mission avait pour but de réaliser un inventaire précis, de suivre pas à pas l’évolution des espèces vivant dans le bassin du Congo. Pendant cinq semaines, 67 zoologistes, botanistes, géologues, cartographes, hydrologues, archéologues et linguistes se sont attelés à l’étude de ce milieu exceptionnel. Ils ont analysé la qualité de l’eau du fleuve et de ses affluents et étudié leurs populations de poissons et d’invertébrés. Ils se sont également penchés sur la faune et la flore des forêts.

L’expédition aura permis de faire l’inventaire des animaux aquatiques et terrestres, d’évaluer la répartition de cette biodiversité dans le bassin du Congo. « Les espèces sont plus nombreuses qu’on le pensait et souvent leur répartition est très limitée voir endémique pour une petite zone », note Erik Verheyen, responsable du laboratoire moléculaire au musée royale des sciences naturelles de Bruxelles. Au total, l’expédition a permis de mettre la main sur quelques 150 espèces de poissons, petits et grands. « Le travail d’identification et de classement des espèces, genres et groupes doit encore être accompli, notamment grâce à des observations morphologiques complétées par des analyses ADN pratiquées sur des prélèvements de nageoire ventrale. Du fait des risques d’altération des couleurs dans le formol, chaque espèce a également été photographiée sous toutes les coutures », note Erik Verheyen.

Inventorier les espèces

« Avec cela, on pourrait faire l’inventaire d’une faune et par la suite facilement identifier les espèces sans voir les spécimens. Nous sommes en train de créer une banque de données pour les petits mammifères pour les oiseaux et les poissons du Congo », ajoute Erik Verheyen. Les chercheurs maliens pourront s’inspirer de ces recherches notamment en ce qui concerne l’impact de cette recherche sur la protection de l’environnement et la lutte contre la pollution notamment du fleuve Niger menacé dans son existence par les déchets, les ordures et les eaux usées.

« Dans l’équipe on est en train de faire l’inventaire de tous les produits industriels qui sont le résultat des activités au nord apporté par l’atmosphère, par les nuages retrouvables dans l’eau », soutient Erik Verheyen. On pourra voir le degré de la pollution au Congo. C’est un point de référence pour les chercheurs qui pourront suivre l’évolution et alerter les autorités, conclut le chercheur belge.

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Recette Canard à la congolaise

Pour 6 personnes :

  • 1 canard coupé en 6 à 8 morceaux
  • 15 cl d’huile (olive, arachide…)
  • 10 cl de vinaigre (d’alcool coloré, blanc ou de cidre)
  • 6 belles tomates fraîches (ou 1 boîte de tomates concassées)
  • 3 oignons
  • 6 gousses d’ail
  • 25 cl de bouillon de volaille (ou 1 cube et 25 cl d’eau chaude)
  • 3 feuilles de laurier
  • sel, poivre
  • Préparation : 15 mn
  • Cuisson : 30 mn
  • Repos : 0 mn
  • Temps total : 45 mn

Préparation Canard à la congolaise

1-Chauffer l’huile dans un autocuiseur et y faire dorer les morceaux de canard à feu vif, sans les brûler.

2-Pendant ce temps, éplucher les oignons et l’ail et les hacher finement.

3-Retirer la viande, faire suer les oignons 2 à 3 minutes. Ajouter l’ail haché et cuire encore 1 minute. Déglacer au vinaigre et laisser bouillir 1 à 2 minutes. Puis mouiller avec 25 cl de bouillon de volaille (ou 1 cube et 25 cl d’eau chaude). Remettre les morceaux de canard dans la sauce, ajouter le laurier, fermer la cocotte et laisser mijoter environ 25 minutes (50 minutes dans une cocotte classique).

4-Pendant ce temps, découper les tomates en dés. Au bout de 40 minutes, ouvrir la cocotte et ajouter les dés de tomates, éventuellement rectifier l’assaisonnement. Remettre de nouveau à cuire 10 minutes (20 minutes dans une cocotte classique).

5-Servir très chaud avec du riz ou des pommes de terre, du manioc ou des bananes plantain.

Pour finir… Comme au Congo, il est possible de faire mariner les morceaux de canard et les oignons dans le vinaigre 1 ou 2 heures avant la cuisson, mais ce n’est pas indispensable. On peut également parfumer davantage la recette avec 2 ou 3 branches de thym et 3 clous de girofle.

Recette proposée par Mariannick Laurent

Vol Inaugural de Korongo Airlines

Pétrodollars vs gorilles et okapis

Un conflit oppose en ce moment les défenseurs de l’environnement et l’industrie pétrolière à propos de la volonté de cette dernière de construire de nombreux puits dans le parc national de Virunga, en République démocratique du Congo (RDC).

Face aux pétrodollars, la nature est bien souvent impuissante. Une nouvelle preuve avec le cas du parc national de Virunga en République démocratique du Congo (RDC). Classé au patrimoine mondial de l’Unesco pour son incroyable biodiversité, il pourrait pourtant se transformer en champs de puits de pétrole.

Depuis juin 2010, des concessions ont déjà été attribuées par le gouvernement congolais aux pétroliers, dont le Français Total et le Britannique Soco, afin qu’ils exploitent les riches sous-sol du lieu, et ceci sur 85% de la surface du parc, révèle 20 Minutes.

Évidemment, les ONG présentes sur place et l’Unesco ont alerté le gouvernement de RDC, qui y a répondu par le lancement d’une étude préalable à toute exploration. Mais les défenseurs de l’environnement ne se font pas d’illusions, à l’image du WWF. Il faut dire que malgré cette disposition, les entreprises ont déjà pénétré ans le parc, escortées par les miliciens. « La loi congolaise interdit toute activité minière ou pétrolière dans le parc. Mais le gouvernement a accordé ces concessions, convoitées depuis que la zone est un peu moins agitée par les luttes armées », a ainsi expliqué Jean-Baptiste Roelens, chargé de programme Forêts tropicales et climat au WWF France.

« La corruption est forte dans cette région. Soco paye la milice pour l’accompagner dans le parc et les perspectives financières semblent plus importantes aux yeux du gouvernement que les impacts sur la population et la nature », note pour sa part Anneke Galama, coordinatrice internationale de la campagne du WWF sur le parc de Virunga. L’enjeu écologique est pourtant d’importance, le parc du Virunga étant porteur d’une remarquable diversité d’espèces, animales ou végétales. « Ce parc, créé en 1925, est le plus vieux d’Afrique et abrite 200 espèces de mammifères sur plus de 8.000 km², notamment un tiers des derniers gorilles de montagne au monde et des okapis qu’on ne trouve que là. Si l’exploitation pétrolière se fait là, c’est qu’il n’y a plus un endroit sur la planète qui soit encore à l’abri », s’inquiète Jean-Baptiste Roelens. Et cette cause ne semble pas être la priorité en Europe puisque « nous avons interpellé le ministère de l’Environnement, mais nous n’avons pas eu de réponse », se désespère le membre du WWF. Et ce n’est pas mieux côté anglais…

Les Opérateurs Economiques toujours les cibles à payer les pots cassés…

Comme depuis des décennies ceux qui doivent payer les conneries des dirigeants Congolais sont sans aucun doute les opérateurs économiques. Qui d’entre- eux gagnent de l’argent, hé bien ils doivent payer. C’est la loi de la loi Congo-Zairo-congolaise, çà ne changera jamais!

Comme tout bon dirigeant Congolais qui se respecte, Le gouverneur du Katanga, Moise Katumbi, a sollicité, jeudi 26 avril, un apport financier de dix millions de dollars américains aux operateurs miniers du Katanga pour permettre à la société nationale d’électricité (SNEL) d’acheter un nouveau compensateur. Il a fait cette demande au cours d’une réunion qu’il a eue avec une délégation des operateurs miniers de cette province. La rencontre portait sur les coupures intempestives constatées ce dernier temps dans la fourniture de l’électricité dans plusieurs grandes villes de la province du Katanga. Ces désagréments sont consécutifs à une panne de compensateur survenue dans les installations de la Snel à la station de Nzilo, à Kolwezi et du disjoncteur à Inga au Bas-Congo. Le gouverneur du Katanga a indiqué qu’un autre compensateur serait déjà trouvé en Chine. Il ne reste plus qu’à passer la commande pour qu’il vienne au Katanga. La panne de ce compensateur est dû à la vétusté du matériel mais aussi au manque d’entretien a dit le gouverneur Katumbi. En 2007, la Snel n’avait pas obtenu les deux millions de dollars américains qu’elle cherchait pour assurer l’entretien de ce compensateur, a indiqué Moise Katumbi. Et de souligner que seules les entreprises qui contribueront à l’achat de ce compensateur pourront être servies. Les operateurs du secteur minier ont pour leur part promis de donner leur position après concertation.

Ce monsieur a-t-il donné le bon example? Puisqu’il est actionnaire un peu dans presque toutes les sociétés minières opérationnelles dans la région. Bonne question à lui être posée.

 

RDC : la nostalgie des exportateurs de diamants

Les exportateurs de diamants du Congo-Kinshasa ont la nostalgie du bon vieux temps où il suffisait de mettre quelques pierres brutes dans son sac et de prendre l’avion direction Anvers en Belgique, la place forte du marché. C’était il n’y a pas si longtemps, une dizaine d’années.
Depuis, est intervenue la certification Kimberley pour écarter les diamants du sang. C’est le ministre lui-même ou son secrétaire général qui signe pour chaque colis. Et puis surtout, depuis un an et demi est entré en vigueur le passage obligatoire par le CEEC, le Centre d’évaluation, d’expertise, et de certification. Il est maintenant totalement interdit de sortir une pierre brute du pays. Dans ce centre, elle subit la désoxydation ; un bain d’acide pour la nettoyer et l’évaluer. Le tout taxé entre 5% et 6% de la valeur. La désoxydation étant elle-même aux frais de l’exportateur.

Une Commission nationale de lutte contre la fraude a également été mise en place. Parmi ses moyens, un procédé efficace : la délation. On les appelle pudiquement les « aviseurs », ceux qui peuvent dénoncer anonymement une exportation illicite. En cas de saisie, généralement à l’aéroport, l’aviseur touche 20% de la valeur et peut faire ainsi fortune.

Trois scanners ont été commandés récemment pour faire la chasse aux contrevenants. Plus de contrôle, plus de paperasses, plus de taxes, le tout pour alimenter les finances publiques. Le ministère des Mines planche actuellement sur une révision du Code minier, cela ne concerne pas seulement le diamant, mais tous les minerais. Là encore, il s’agit de contribuer davantage aux finances publiques. Par exemple, on veut faire sauter une clause de l’actuel Code qui dit que toute nouvelle taxe ne s’applique pas aux miniers si elle leur est défavorable, or la RDC est entrée récemment dans l’ère de la TVA à 16%… Sur des diamants cela peut faire mal.

Mais les diamantaires ont encore de beaux jours devant eux. Bientôt la fin de la saison des pluies, l’activité reprend de plus belle pour ces pierres qui vont soit en bijouterie, soit dans l’industrie selon leur qualité.

Par Bruno Minas

RDC: la face cachée du secteur minier

Les autorités de la RDC voient se réduire leur marge de manœuvre, entre le marteau de leur candidature à l’ITIE et l’enclume d’un lourd passif d’attributions obscures de contrats miniers et d’exportations de minerais issus des zones de conflits.

Interdiction d’export de mineraisnon certifiés, présentation du système de traçabilité des minéraux MetTrak, les annonces se multiplient en ce mois de février en faveur d’une plus grande transparence du secteur minier congolais. Mais les effets d’annonce n’y suffiront pas.

Pour attirer des investisseurs moins opaques, moins controversés et participant plus largement au développement du pays, la RD Congo ne peut plus faire l’économie d’une validation de conformité ITIE (Initiative pour la transparence dans les industries extractives).

Et pour atteindre ce stade, le pays va devoir accélérer la publication de ses rapports, systématiquement en retard depuis sa candidature à l’initiative.

Pour l’instant, Kinshasa est plus proche de la suspension du processus que de son achèvement.

Une richesse scandaleuse…

Difficile d’être exhaustif sur ses ressources: le pays renferme dans son sous-sol 80 % des réserves mondiales de coltan, près de la moitié de celles de  cobalt (1), 10 % du cuivre mondial, plus d’un quart des diamants, et beaucoup d’or, de manganèse, de fer, etc.

…ment mal valorisée

Un député britannique à la tête du groupe parlementaire chargé de la région des Grands Lacs, Eric Joyce, dénonçait fin 2011 un manque à gagner de $ 5,5 milliards pour la République démocratique du Congo suite à la vente à moindre coût d’actifs miniers.
Des membres du gouvernement de la RDC, en particulier le président actuel, Joseph Kabila, ont vendu d’importants biens miniers à des prix dérisoires à diverses sociétés fictives étrangères » installées pour la plupart aux Îles vierges britanniques. Ces sociétés-écrans les ont ensuite revendus à des sociétés minières internationales, parfois cotées à Londres, engrangeant au passage d’importantes plus-values.

Selon le rapport d’E. Joyce, une bonne partie de ces sociétés appartiennent plus ou moins directement ou sont liées à l’homme d’affaires israélien Dan Gertler.

En bout de chaîne : Glencore

Parmi les acheteurs, on retrouve le géant mondial du négoce de matières premières Glencore, qui grignote des parts vers l’amont et la production minière, à travers Xstrata mais également en direct, notamment en RD Congo.

En juillet 2011, une enquête de Bloomberg met au jour une longue série d’accords commerciaux opaques dans le secteur minier congolais.

La multinationale – réputée pour son goût pour les terrains boueux – a ces dernières années développé plusieurs joint ventures avec des sociétés locales.

Elle possède entre autres 50 % de Samref Congo elle-même actionnaire à 80 % de la mine de Mutanda, et 50 % de Kansuki Investments, propriétaire à 75 % de la mine de Kansuki. Les 20 % restants de Mutanda et les 25 % de Kansuki appartenant avant la vente à la Gécamines.

Quand le 28 mars 2011 la Gécamines, fortement endettée, décide de vendre ces deux mines, elle ne passe pas par un système d’appel d’offres, mais les cède discrètement à des sociétés basées aux Îles vierges britanniques, Rowny Assets (Mutanda) et Biko Invest (Kansuki), toutes deux liées à Dan Gertler.

Cet homme d’affaire, proche de la famille Kabila et très actif en RD Congo, avait déjà, en 2006, vendu sa société Nikanor à une filiale de Glencore, Katanga Mining.

Dan Gertler était très proche du conseiller de Joseph Kabila sur les mines Augustin Katumba Mwanke, décédé en février dans un accident d’avion.

Son nom a déjà été évoqué dans d’autres affaires liées aux ressources du sous-sol congolais, notamment derrière les sociétés immatriculées aux Îles vierges intermédiaires sur le permis de Kolwezi (retiré à First Quantum sans indemnités avant sa revente pour $ 175 millions à ENRC).

Un processus qui ne manque pas d’évoquer le cas de Tullow Oil, qui s’est elle aussi vu retirer ses droits sur deux blocs pétroliers par la suite attribués à deux sociétés inconnues, Caprikat et Foxwhelp, immatriculées… aux Îles vierges elles aussi.

Manque à gagner

Le 7 février 2012, après un long silence suivi d’explications parcellaires, la Gécamines a fini par publier sur son site les contrats de cession de parts sociales à Rowny Assets et Biko Invest.

La vente de Mutanda lui aura rapporté $ 120 millions et celle de Kansuki $ 17 millions. Selon E. Joyce, sur la vente de ses parts dans ces deux seules mines, la Gécamines (donc le gouvernement congolais, actionnaire à 100 %) a perdu $ 920 millions.

Dommage, elle cherche actuellement 631 millions pour relancer son développement. Heureusement, selon son directeur général Ahmed Kalej Nkand, la Development Bank of Southern Africa et l’Agence française de développement pourraient financer cet investissement…

Selon l’US Geological Survey, 3,4 millions de tonnes de réserves prouvées sur les 7,3 Mt évaluées au monde en 2010.

Myrtille Delamarche

Davina Mulimbi, mannequin d’origine congolaise

Née en Belgique, a Bruxelles, Davina Mulimbi est originaire du Congo. Elle a commencé le mannequinnat a l’âge de 17 ans des suites d’un concours qu’elle a gagné en Belgique.
Elle commence ainsi sa carrière lorsqu’elle signe un contrat avec l’agence parisienne, Ford Models. Par la suite, elle fait des publicités pour les marques Chantelle et Wayne Cooper. Elle a fait la une des couvertures de magazines comme Marie Claire et Esquire. Elle a aussi figuré dans le catalogue de Bloomingdales.
Davina a defilé pour de grands noms de la haute couture et pour de nombreuses marques de prêt-a-porter collection comme Jean-Louis Scherrer, Christian Dior, Armani, Issey Miyake, Ralph Rucci, Michiko Koshino et Tommy Hilfiger.
Davina est aussi une ambassadrice de bonne volonté de L’Unicef pour leur campagne du ”Tap Project”, qui vise a amasser des fonds et sensibiliser les gens sur l’importance de la consommation d’eau propre dans le monde entier.
Aujourd’ hui Davina fait sa carrière pro a New York aux côtés de plus grands noms comme ce fut le cas en Europe au passée.

Le Congo au temps des Belges: Un devoir de mémoire

Les anciens colonisateurs du Congo Belge, en ont assez, plus qu’assez !
Depuis l’indépendance du Congo, le 30 juin 1960, on n’arrête plus de les calomnier : on les traite d’exploiteurs, d’esclavagistes et de pilleurs… Et ces critiques durent, en fait, depuis 1885, date à laquelle le Roi des Belges, Léopold II, fit l’acquisition du Congo pour son compte personnel, avant de le céder à la Belgique le 20 août 1908.

On peut discuter à l’infini du bien fondé d’une colonie. On peut se demander de quel droit un peuple décide d’administrer un autre peuple, de l’équiper, d’y faire régner la paix et la justice, de l’instruire, de le soigner et de l’évangéliser. Mais on doit reconnaître le fait historique. La colonie belge fut un phénomène unique au monde et ça vaut la peine qu’on en parle sérieusement. C’est ce que nous proposent les auteurs dans ce livre « Le Congo au temps des Belges ».

Ces auteurs se sont appliqués, d’abord, à définir certains faits irréfutables : les peuples de l’Afrique étaient la matière première des marchands d’esclaves arabes. Les épidémies de toutes sortes ravageaient les populations et les luttes tribales, avec cannibalisme à la clef, achevaient de décimer la malheureuse Afrique.
Le paradis des « bons sauvages » est un mythe qui a la vie dure. Mais dans ce livre, avec des preuves, des documents, et des chiffres, qui sont toujours à disposition du public, ce mythe est définitivement balayé. En tous cas pour l’Afrique.
Les Belges ne se sont pas emparés du Congo par la force ; il n’y eut jamais d’armées belges au Congo (si ce n’est quelques « soldats de la Paix » au moment de l’indépendance) et ce que, en septante cinq ans, les coloniaux ont réalisé au Congo est tout simplement fabuleux.
Il est heureux qu’il y ait encore des témoins directs pour en témoigner. À ce titre, ce livre qui se présente comme un bilan, est un document historique d’un intérêt exceptionnel.

Mais, avant d’établir un bilan de l’action coloniale, les auteurs s’appliquent à réfuter, une à une, toutes les accusations qui ont été portées contre eux.
Ce travail est minutieux : toutes les sources sont citées ; toutes les accusations sont réfutées, chaque fois avec preuves à l’appui. Néanmoins les auteurs ne cachent aucune vérité ; si certaines plaident contre eux, ils en font part objectivement, en les remettant dans leur contexte et en signalant les sources que le lecteur peut consulter très facilement.

Ensuite vient le bilan de l’action coloniale et on en tombe à la renverse. Comment, en si peu de temps, un si petit nombre de pionniers, de médecins, d’ingénieurs, de missionnaires, a pu réaliser tant de constructions, dans tous les domaines, est tout simplement renversant.
L’œuvre colonisatrice des Belges suscite l’admiration et s’impose au respect de tous.
La lecture de ces réalisations est parfois un peu longue parce que les auteurs ne nous épargnent aucun détail ; mais on s’en voudrait de sauter des passages, tant chaque entreprise a son intérêt particulier.
Pour terminer, les auteurs regardent ce qu’est devenu leur belle colonie. En toute objectivité. Première constatation, l’indépendance a été donnée beaucoup trop tôt. Mais il faut comprendre : la Belgique ne voulait pas d’une « guerre d’Algérie » au Congo et l’indépendance était dans l’air du temps.
S’en suit un constat qui tient en peu de mots : la première consigne donnée par Léopold II était : « dominer pour servir ». Mais très tôt les coloniaux ont compris qu’il fallait développer la colonie, et ce fut : « tout pour le pays ». Aujourd’hui les anciens coloniaux regrettent de ne pas avoir eu le temps de réaliser : tout « avec » les Congolais.
Les tiers-mondistes du monde entier ne leur ont pas permis d’achever leur œuvre.

Pour terminer, les auteurs nous donnent un recueil de témoignages de voyageurs et d’observateurs à travers le temps et ces témoignages font montre d’une telle admiration et d’une telle reconnaissance, que le plus dur des anti-colonialistes en serait ému jusqu’aux larmes.
Personnellement, je trouve que ce livre devrait être lu dans nos écoles : nos petits potaches auraient enfin l’occasion d’être fiers, à juste titre, d’une des plus belles réalisations qu’un pays ait jamais réussi dans le monde.

Par Saint Jean-Baptiste

La FIDH dépose une plainte contre le groupe Forrest

Table rase autour de Lubumbashi

Quelque 500 maisons de villages près de Lubumbashi ont été rasées pour faciliter l’exploitation minière. La Fédération internationale des droits de l’homme a adressé plusieurs demandes au groupe Forrest pour dédommager les victimes.
Sans réponse, elle saisit l’OCDE et son code de bonne conduite. La Fédération internationale des Ligues des droits de l’homme (FIDH), accompagnée de deux ONG, va déposer une plainte contre la Compagnie minière du Sud Katanga (CMSK). Cette entreprise est une joint-venture entre l’entreprise générale Malta Forrest une société de génie civil, d’études géologiques et minières, d’exploitation des mines et carrières, créée en 1922 par le père de George Forrest – et la Gécamines, dans laquelle l’Etat congolais possède une importante participation. Le 24 novembre 2009, dénonce la FIDH, la CMSK, qui exploite une mine à Luiswishi en République Démocratique du Congo, a cautionné et participé à la destruction de plus de 500 maisons à Kawama et Lukuni-Gare, deux villages dans les faubourgs de Lubumbashi. Ce sont des engins appartenant à la CMSK qui ont rasé les habitations, et plusieurs personnes ont été blessées durant ces opérations.Ces destructions ont été menées pour faire déguerpir les petits creuseurs artisanaux et clandestins qui étaient basés dans ces villages, mais elles ont aussi frappé des paysans et de petits artisans qui fabriquaient du charbon de bois.« A ce jour, explique la FIDH, ni la procédure judiciaire initiée au niveau local ni la tentative de médiation n’ont abouti à une quelconque réparation pour les victimes des agissements de la CMSK. Plusieurs fois, nos organisations ont demandé au groupe Forrest de reconnaître sa responsabilité dans ces violations et d’entamer une négociation avec les représentants des victimes.

Malheureusement, Forrest n’a pas souhaité y donner suite ».La FIDH et deux ONG, la britannique RAID (Rights ans accountability in development) et la congolaise ACIDH (Action contre l’impunité pour les droits humains), ont donc décidé de saisir une instance belge dans le cadre de l’OCDE : l’Organisation de coopération et de développe menté économiques, dont sont membres des pays industrialisés et émergents, a pour mission de « promouvoir les politiques qui amélioreront le bien-être économique et social partout dans le monde ». Elle a donc adopté des principes directeurs à l’intention des multinationales qui portent sur le respect des droits humains, l’engagement à ne pas corrompre de gouvernements étrangers, ne pas nuire à l’environnement, etc. Médiation et réparations « Les agissements du groupe Forrest sont en contradiction flagrante avec la responsabilité des entreprises de respecter les droits de l’Homme, estime Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH. Les principes directeurs de l’OCDE établissent clairement que les entreprises doivent s’acquitter de leurs responsabilités y compris lorsque les Etats ne respectent pas les obligations internationales en matière de droits humains ». En cette matière, ce ne sont pas les tribunaux qui sont compétents, car ces recommandations ne sont pas obligatoires. Dans chaque pays membre adonc été créé un « point de contact national ». En Belgique, il dépend du Service public fédéral Economie. Il est présidé par un représentant du ministre de l’Economie et a une composition tripartite englobant les partenaires sociaux, les représentants des services publics fédéraux et les gouvernements régionaux.« Nous attendons du point de contact belge qu’il confirme les principes directeurs qui ont été violés et qu’il initie une médiation indépendante visant à compenser dans les meilleurs délais les victimes qui ont été blessées ou qui ont perdu leur logement et leurs moyens de subsistance », détaille Patricia Feenay de RAID. Le Point de contact doit en effet d’abord dire s’il estime que les principes en vigueur ont été violés, et, le cas échéant, établir une médiation entre les parties, recommander des réparations et proposer des mesures pour éviter que ce genre problèmes ne se reproduise.« Il est temps pour l’entreprise Forrest de changer ses pratiques enRD Congo, conclut Emmanuel Umpula, de l’ACIDH. Nous espérons que le point de contact national pourra influencer positive ment le groupe Forrest pour qu’il prenne en compte à l’avenir les droits humains des communautés locales. »  VÉRONIQUE KIESEL

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